Transe avec les stars – Le meilleur des comédies musicales

Avec La La Land, c’est le genre tout entier des comédies musicales que Damien Chazelle rappelle à notre bon souvenir. Chantantes, dansantes, virtuoses, animées, barrées, poétiques, charmantes, nostalgiques… En voici douze qui, selon nous, ont révolutionné le genre et marqué le cinéma de leur empreinte.

Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud


West Side Story
de Robert Wise & Jerome Robbins (1962)

Sous-titre : Roméo, Juliette et New York.

De quoi ça parle : Dans les bas fonds de New York, les Sharks et les Jets, deux gangs rivaux, s’affrontent autant à coups de barres à mine que de pas de deux. Les uns sont fils d’immigrés portoricains quand les autres le sont d’italiens, d’irlandais et de polonais. Mais Tony, ancien Jets, tombe amoureux de Maria, la sœur du chef des Sharks, et les choses s’enveniment…

Pourquoi ça groove : Parce que derrière le brillant ballet de battles mêlant street cred et danses de salon, derrière la romance à l’issue forcément tragique de ces Roméo et Juliette modernes, le film au 10 Oscars aborde la violence sociale, le sentiment d’exclusion de l’immigré et les ghettos que l’on doit quitter pour essayer de s’en sortir. Visionnaire et toujours d’actualité.

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Chantons sous la pluie
de Stanley Donen & Gene Kelly (1953)

Sous-titre : It’s raining men.

De quoi ça parle : Hollywood s’apprête à faire sa révolution, il est venu le temps du cinéma parlant. Don Lockwood et Lina Lemont, duo star du muet, doivent s’adapter mais la jeune femme n’en a pas la voix. Kathy Selden est alors engagée pour la doubler et charme Don, ce qui n’est pas du goût de Lina…

Pourquoi ça groove : Parce que même si vous n’avez pas vu le film, on parie que vous en connaissez une scène. LA scène. Gene Kelly, funambule enamouré sous une pluie battante qu’il ne sent même plus, martèle le trottoir inondé. Une mise en abime maligne d’Hollywood, des chorégraphies entre claquettes et acrobaties tout bonnement hallucinantes, des décors amplis de couleurs… Chantons sous la pluie est l’incarnation du feel-good movie.

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Grease
de Randal Kleiser (1978)

Sous-titre : J’ai cru voir un gominé.

De quoi ça parle : Après un été passé à se bécoter sur la plage, Danny a la surprise de retrouver Sandy, son amour de vacances, dans son lycée. Le choc. Le rebelle gomina et perfecto face à la gentille blondinette en jupe plissée et col Claudine, ça passe quand ils sont seuls sur le sable les yeux dans l’eau, beaucoup moins face aux copains. D’où problème.

Pourquoi ça groove :  De « Summer Nights » à « Hopelessly Devoted To You », il n’est pas un seul titre de la bande-originale de Grease qui n’appelle à se déhancher jusqu’au claquage. Mention spéciale à la choré de « Greased Lightnin’ » et le final cultissime sur « You’re The One that I Want » où la coincée Olivia Newton-John se révèle en bombe recouverte de lycra face à un John Travolta subjugué. La quintessence du college movie à la sauce musical.

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Cabaret
de Bob Fosse (1972)

Sous-titre : Bar résille.

De quoi ça parle : Dans le Berlin époque République de Weimar, Sally Bowles est la star du cabaret le Kit Kat Klub. Elle s’éprend d’un étudiant de Cambridge tandis qu’au dehors, gronde la menace du nazisme.

Pourquoi ça groove : Pour Liza Minelli, la plus flamboyante des meneuses de revue. De cette adaptation de la pièce de Broadway qui empochera huit Oscars, son réalisateur Bob Fosse dira que non, non, non « Il ne s’agit pas d’une copie de la version musicale de Broadway », lui qui l’envisage comme « un drame accompagné de musique. Une vraie histoire sur des temps très sombres. C’est un cauchemar moderne en chansons et en danses. » Et quels numéros !

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Les parapluies de Cherbourg
de Jacques Demy (1964)

Sous-titre : You can stand under my umbrella (Ella ella eh eh eh).

De quoi ça parle : Guy et Geneviève s’aiment mais le jeune homme est mécanicien, et ce n’est pas assez bien pour Mme Emery qui souhaiterait que sa fille profite d’un ascenseur social par le mariage. Appelé à servir en Algérie, Guy s’en va et Geneviève se découvre enceinte. Désemparée, elle n’a bientôt plus la force de contrer sa mère et le prétendant qu’elle lui présente.

Pourquoi ça groove : parce qu’il est inconcevable de ne pas se désoler de cet amour rendu impossible, immortalisé à jamais par les compositions en-chantées de Michel Legrand, la mise en scène stylisée et virtuose de Jacques Demy et le regard de celle qui n’est pas prête de quitter le cinéma français, Catherine Deneuve.

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L’étrange Noël de Mr. Jack
d’Henry Selick (1994)

Sous-titre : De citrouilles et d’os.

De quoi ça parle : Ras le bol, des citrouilles. Histoire de dynamiser un peu les festivités de Halloween-ville, Jack Skellington, le grand chef d’orchestre de la fête des morts, décide de s’emparer des célébrations de Noël.

Pourquoi ça groove : Parce que L’étrange Noël de Mr. Jack est une prouesse technique qui marque l’histoire de l’animation. Premier film intégralement réalisé en stop motion, il rappelle les origines mêmes du cinéma (les films de Méliès), comme ceux de Ray Harryhausen, l’un des maîtres à penser de Tim Burton. Réalisé par son ami Henry Selick, ce conte enchanteur et en chansons se base sur un poème écrit par Burton lui-même du temps où il était animateur chez Walt Disney. Quant à sa bande originale, elle est une nouvelle preuve du génie de compositeur de son complice de toujours Danny Elfman (Beetlejuice, Batman, Edward aux mains d’argent…).

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Moulin Rouge
de Baz Luhrmann (2001)

Sous-titre : Festival de can can can.

De quoi ça parle : Dans le Montmartre de la Belle Époque, un jeune poète sans le sous tombe sous le charme de Satine, apparition faite meneuse de revue du Moulin Rouge. Sauf qu’elle est déjà promise à un autre… Et accessoirement à l’agonie.

Pourquoi ça groove : Parce que Baz Luhrmann, alias Mister Romeo+Juliette, orchestre la romance du désespoir amoureux. Moulin Rouge est un enivrement des sens, un tourbillon de frou-frous et de jetés de gambettes fuselées qui se réapproprie les classiques de la pop, de Madonna à Police en passant par Nirvana et U2, pour en faire des medleys d’anthologie. Le tout portés par un Ewan McGregor au cœur vaillant et une Nicole Kidman aussi étincelante que déchirante.

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The Rocky Horror Picture Show
de Jim Sharman (1975)

Sous-titre : Eye of the tiger.

De quoi ça parle : Par une nuit d’orage, Brad et Janet, fraîchement fiancés, cherchent de l’aide après que le pneu de leur voiture ait éclaté. Les voici, toquant à la porte d’un manoir inquiétant peuplé de créatures étranges, déjantées et même un peu dépravées…

Pourquoi ça groove : grâce au ton complètement décalé de cet OVNI. A la fois provocant et kitsch, parodique et furieusement cool, The Rocky Horror Picture Show assume tout, même le pire. Hommage aux séries B, d’horreur ou de SF, le film sert d’exutoire à chaque génération qui continue à aller le voir en salle, aujourd’hui encore, 40 ans après sa sortie.

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Phantom of the Paradise
de Brian De Palma (1974)

Sous-titre : Humans after all.

De quoi ça parle : Winslow est un jeune compositeur talentueux mais inconnu dont la sonate, bien qu’incomplète, tape dans l’oreille de Swan, magnat de la musique qui cherche l’artiste capable d’inaugurer son Paradise, une salle de spectacle qu’il vient de construire. Impitoyable, ce dernier va tout faire pour se débarrasser de Winslow mais posséder sa musique.

Pourquoi ça groove : Parce que, derrière la voix nasillarde de Swan et la composition de la bande-originale du film se cache Paul Williams, songwriter de talent pour The Monkees, The Carpenters ou David Bowie. Mais aussi les Daft Punk, avec qui il collabore en 2012 sur Random Access Memory. La légende veut que les Daft Punk aient piqué l’idée de se cacher sous des masques à Brian De Palma après avoir vu Phantom of the Paradise. La boucle est bouclée.

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Mary Poppins
de Robert Stevenson (1965)

Sous-titre : Super Nanny.

De quoi ça parle : Délaissés par un père banquier et une mère suffragette, Jane et Michael Banks font la liste des qualités que doit posséder la Nanny parfaite. Portée par le vent d’est, c’est Mary Poppins qui sonne à leur porte, avec son lot de fantaisie, d’apprentissages, de mots invraisemblables et d’amis loufoques.

Pourquoi ça groove : grâce à tonton Disney, Mary Poppins est probablement la première comédie musicale de votre vie. Le film porte en lui le merveilleux et l’innocence de l’enfance qu’on ne quitte jamais vraiment, mais aussi une modernité dans le traitement cinématographique (en mêlant l’animation aux prises de vues réelles notamment) qui n’a (presque) pas pris une ride. Une œuvre culte qui se transmet de génération en génération.

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