
Cela fait désormais plusieurs années que l’on parle « d’ère de la Peak TV », où la multiplication des plateformes de création et de diffusion de contenus sériels permet une offre pléthorique. Force est de constater que l’arrivée de nouveaux acteurs comme Apple TV+ et Disney+ (si ce n’est le manque d’originalité de leur nom) amène de la qualité à la quantité. Demain, tous accrocs ? Il semble que ce soit déjà le cas.
Succession
Saison 3

Le sourire en coin de Logan Roy à la fin de la saison 2 n’augurait rien de bon. Force est de constater que cette tragédie shakespearienne déguisée en jeux du cirque trumpiste qu’est Succession a réussi à être encore plus cynique en saison 3. Bourreaux et victimes s’inversent d’un épisode à l’autre. Les requins déguisés en parents tournent autour des plaies à vifs de ces enfants perdus, jamais aussi touchants que lorsqu’ils fendent l’armure et laissent tomber les faux semblants. Les la(r)mes sont acérées pour la suite, pas sûrs que nous soyons prêts.
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Scenes From A Marriage
Mini-série

La série originale d’Ingmar Bergman servait déjà d’inspiration à la 3è saison de Master Of None, un peu plus tôt dans l’année. Mais ce remake signé Hagai Levi (BeTipul, The Affair, Our Boys) la modernise. Parfois cruel, souvent touchant, ce huis clos dissèque le couple dans toutes ses ambivalences. La difficulté n’est alors plus de se séparer mais de réussir à ne plus s’aimer. L’alchimie entre Jessica Chastain et Oscar Isaac est tout bonnement bouleversante.
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The Beatles : Get Back
Mini-série

De soixante heures d’archives exceptionnelles et pour la plupart inédites Peter Jackson en tire huit, montées de manière exhaustive et contant les dernières semaines des Beatles avant leur inévitable séparation. Tout y est enregistré, capté : l’amitié des quatre garçons dans le vent mais aussi les frustrations, tensions et désaccords inhérents à la vie d’un groupe dont le processus créatif est en fin de course. C’est dans le quotidien, voire les moments de creux, que le génie affleure, genèse de morceaux cultes en quelques minutes à peine. L’histoire de la musique s’y écrit en temps réel et c’est complètement fascinant.
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Hippocrate
Saison 2

Avant d’aborder elle-même la question du COVID, Hippocrate s’est trouvée on ne peut plus d’actualité. Diffusée en pleine saturation sanitaire, elle a été le reflet de toutes les faiblesses du système hospitalier français. Cet ultra-réalisme demeure pourtant un concentré d’humanité, sa justesse transperçant l’écran. Du manque de moyens à l’épuisement des soignants en passant par l’inquiétude que l’on soit en train de vivre les dernières heures de l’hôpital public, Thomas Lilti apporte son expérience à sa fiction et lui confère une qualité saisissante : l’objectivité.
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En thérapie
Saison 1

Cathartique, En thérapie a permis à des français confinés de se retourner sur leur histoire commune avec le 13-Novembre. Bercés par la présence chaude et rassurante de Frédéric Pierrot, dans une sorte de transfert c’est une thérapie en temps réel que l’on a entrepris avec le Dr Dayan et ses patients. Le réalisme de l’écriture de Vincent Poymiro, David Elkaïm et leur co-scénaristes concernant le travail de thérapie a peut-être permis à certains de répondre à des questionnements plus personnels. La série reste d’une grande pudeur, à l’image de sa révélation, la douce Céleste Brunnquell.
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Ted Lasso
Saison 2

Si juste quand il s’agit de parler ou de montrer ses émotions, la série et ses personnages sont l’équivalent télévisuel d’un chocolat chaud sous un plaid. Si la bienveillance reste le mot d’ordre de cette deuxième fournée, les rôles s’inversent quelque peu et c’est à Ted d’être porté par ses propres principes d’entraide, lui qui se retrouve aux prises avec ses angoisses et sa dépression. Remède contre la morosité qui n’hésite pas à regarder sa propre mélancolie en face, Ted Lasso ajoute de la profondeur à la tendresse.
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Mare Of Easttown
Mini-série

Il y a une chose qui sépare Mare Of Easttown de la flopée de polars grisâtres où une communauté se voit mise à l’épreuve de la disparition de l’un de ces enfants : le visage sillonné de souvenirs et d’épreuves de Kate Winslet. C’est par celui-ci ainsi qu’une atmosphère soignée que la série transcende son statut, devenant alors une exploration bouleversante du deuil où l’humain et la famille rendent la guérison possible.
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It’s a sin
Mini-série

Flirtant sans cesse entre exaltation et désillusion, It’s a sin donne à voir les années 80 telles qu’elles ont été vécues la jeunesse queer de cette époque : un futur paradis perdu. Après l’uppercut Years & Years, Russell T. Davies restitue dans un témoignage engagé et émouvant, l’énergie incroyable et la tragédie totale des années SIDA. Jamais misérabiliste mais didactique et mémorielle, It’s a sin est porté par des personnages complexes mais profondément humains et l’idée qu’une famille peut aussi (et surtout) se choisir. Une véritable pulsion de vie.
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Nona et ses filles
Mini-série

Fable féministe où une septuagénaire se découvre enceinte, Nona et ses filles raconte surtout les différentes manières d’être femme et d’être mère. Enlevés, fantaisistes, libres et joyeusement foutraques, les neuf épisodes écrits par Valérie Donzelli et Clémence Madeleine-Perdrillat célèbrent la sororité, la transmission et la liberté.
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Foodie Love
Mini-série

Dans cette cousine ibérique de Normal People, Elle et Lui (nous ne connaitrons jamais leurs noms), s’apprivoisent autour de plats plus ou moins gourmets. Mais derrière la gêne, la précipitation, la sensualité et même parfois la folie de cette nouvelle rencontre se niche la peur d’un nouveau départ. Portée par la grâce de Laia Costa, dont la douce tristesse vous broiera le cœur sur du Kamasi Washington, Foodie Love charme. Boom !
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